Musée du Monde et du Patrimoine Planétaire

Prologue

 

Même dans les pays des aveugles, les arcs-en-ciel déploient leur couleurs

Comme pour égayer un ciel trop gris.

Dans la société des morts-vivants, l’art est  une fleur

Qui offre son parfum subtil à celui qui s’arrête pour la humer.

La tragédie est complète lorsque le pauvre a perdu conscience de sa pauvreté,

Puisqu’alors, il s’assoira, se croisera les bras

Et oubliera de tendre toujours plus haut.

 

Si les sociétés primitives ont développé leur art

C’est qu’elles ont compris que l’art, tout comme manger

Et procréer, fait partie des besoins fondamentaux de l’homme.

 

Une société sans art est infirme, mais la mort de l’art est souvent

Que le commencement de la mort sous toutes ses autres formes.

 

Comme un reflet déformé du Divin, l’homme continue de ressentir le besoin de créer, comme une extension de soi, comme une affirmation du fat que nous sommes bel et bien en vie.

 

L’art est une passion qui embrasse et consomme tous ceux qui l’ont connu.

 

Les artistes sont les prophètes du contemporain, rejeté de leurs proches. On aura compris le message qu’après le départ du messager. Mais son œuvre continuera de vivre à travers les yeux de ceux qui exploreront la  trace de la caresse du ponceau sur la toile, à la recherche du trésor que son créateur y aura enterré.

 

Dovan est un créateur qui a su éviter d’apprivoiser l’art afin de mieux se faire apprivoiser par l’Art. Être à l’écoute de l’humanité dans ses aspirations les plus profondes et les répéter à voix haute par ses peintures les vérités ainsi découvertes. Parler de Dovan c’est comme décrire le miel, on aura beau donner tous les détails mais on manque le meilleur, c'est-à-dire sa  saveur. Dovan est un portier  aux limites de notre monde : il nous introduit dans une autre dimension où ce que l’on croyait connaître devient moins certain.

 

Rév. Bruno Lacombe

1995

 

********************************************************************************

 

 

Artiste au coeur d’or, Dovan est également fondateur du Musée du Monde. Et je crois que ce musée, implanté parmi nous depuis longtemps, est sans doute et sans contredit la plus belle pierre de sa carrière. La pierre d’angle sur laquelle il a construit sa vie. Exposé aux intempéries, lavée à la pluie glaciale d’automne et aux chaudes moiteurs d’été, émoussé par les vents et les grêles, supportant tout la rigueur de nos linceuls d’hiver, usé, tout simplement usé, ce musée est pour bien du monde comme toutes ces pierres aperçues le long des chemins. Pourquoi s’y attarder ? On n’y prête attention et c’est bien normal car, du haut de nos trois pommes, comment deviner que cette  pierre est précieuse ? Sous sa gangue, comment deviner tous les scintillements en son sein, la brillance des œuvres qui s’y trouve et l’émerveillement qu’elles seules savent faire résonner en nous ?

 

Comment deviner ?

 

Ce musée est précieux car, malgré le poids de son contenu qui à lui seul vaut son pesant d’or, il flotte tel une bouffée d’air frais, il flotte comme une bouée dans l’ondoiement des idées reçues où viennent souvent couler bien d’autres pierres ayant pourtant si bien taillé leur place au soleil.

 

Une bulle d’air frais. Voilà pourquoi cette pierre est précieuse. Elle a la légèreté de tous les rêves et de tous les possibles lorsque l’or à ciseler est dans la lourdeur de nos propres cœurs.

 

 

 

Michel Tremblay

468 Place Cosse

Ile Bizard

 

Ile Bizard, Hiver 94/95

Ce site est créé par Julien Desrosiers